Le nom même du domaine s'enracine profondément dans l'histoire et la géographie locale. Le Hennoy tire en effet son nom de la proche ferme Hennoy, établie dès 1861. Ce toponyme semble directement dérivé d’Aulnoy, qui signifie « bois d'aunes ». Il rappelle l'existence passée de ces aulnais sur ces terres humides, ou l'utilisation importante de l'aulne pour les usages domestiques, de chauffage et artisanaux de l'époque. C'est sur ces terres chargées d'histoire que s'est structuré, au fil des décennies, l'ensemble du domaine tel qu'on le connaît aujourd'hui.
À la fin du XIXe ou au début du XXe siècle, une élégante demeure bourgeoise est édifiée sur le site : le Chalet Dubus, également connu sous le nom de château du Hennoy. Propriété de M. Dubus, un notable de la région, ce bâtiment se distinguait par une architecture raffinée, typique des belles demeures bourgeoises de l'époque, comme en témoignent encore quelques cartes postales anciennes. L'histoire du domaine bascule tragiquement lors des combats d'Orchies le 24 septembre 1914, au tout début de la Première Guerre mondiale. Le chalet est alors détruit par l'artillerie française, qui cherchait à déloger les troupes allemandes retranchées dans le bâtiment. Malgré ces efforts acharnés, Orchies restera sous contrôle allemand jusqu'à la libération définitive en 1918.
Carte Postale du Chalet de M. Dubus
Carte Postale du "Chalet Dubus" issue du site communes.com
Carte Postale des Edition Pollet (Lille)
Après la tourmente de la guerre, le domaine renaît de ses cendres et se tourne vers sa vocation de prédilection : le cheval. C'est M. François Bernard qui reprend les rênes pour y implanter une écurie dédiée aux chevaux trotteurs, rapidement épaulé par ses fils, Francis et André Bernard, qui perpétueront et développeront cette belle aventure hippique. C'est dans ce cadre que les nouvelles installations du haras sortent de terre vers 1920, dessinées sur les plans du célèbre architecte lillois Armand Lemay, dans un style régionaliste typique de la reconstruction. L'année suivante, en 1921, la maison principale, la maison du gardien et le garage sont à leur tour édifiés. Plus tard, vers 1950, les écuries actuelles voient le jour, confirmant l'ancrage pérenne du site dans la filière équine.
Oriolus - Photo historique d'un étalon de trot
Sam William à Berlin
Reine de prés II établissant un record de vitesse à Vincennes
Caricature de 1944 par Roger Dameron
Le domaine a également traversé les soubresauts de la Seconde Guerre mondiale, marquant durablement son histoire. Occupé tour à tour par les troupes nazies puis par les forces américaines, le site a payé sa part du conflit : les champs situés entre le domaine et l'actuelle autoroute ont été le théâtre de violents combats. Les bâtiments du domaine ont alors servi de base arrière pour soigner les soldats blessés.
Preuve qu'il y a toujours un peu de bon dans le mauvais, Monsieur André Bernard nous racontait qu'alors il n'était qu'un enfant et que qu'une bataille avait fait rage dans les pâtures d'en face, il vit les soldats américains ramener des survivants allemands dans les batiments de l'écurie qu'ils occupaient afin de soigner.
Témoignage silencieux et poignant de ces heures sombres, un éclat d'obus est d'ailleurs toujours visible aujourd'hui dans un mur proche du parking.
Ce qui ressemble à un éclat balistique est toujours incrusté dans un mur.
Le réservoir du "château d'eau", utilisée à l'époque, est encore en place à ce jour.
À l'époque, il stockait l'eau en provenance du courant de l'hopital afin de la rétribuer dans les boxes.
Les vestiges d'une ancienne machine à grain est toujours raccordée dans le grenier.
Dans le courant de l'hopital se trouvait un guéoir : ancêtre de l'hydrothérapie équine.
Un système d'écluse permettait de faire monter l'eau au niveau voulu afin d'entretenir le cheval.
Les anciens propriétaires ont dû retirer le système suite à des innondations et il n'en reste qu'une descente et des murs, à ce jour.
Bien que le Chalet Dubus d'origine ait disparu, son héritage perdure à travers les activités équestres qui font vibrer le site au quotidien. Un nouveau chapitre s'écrit depuis 2022, date du rachat des écuries par la famille Harrissart associée à Louis Bernast, cavalier professionnel, orientant alors l'activité vers le cheval de saut d'obstacle.
Depuis, le domaine fait l'objet d'un vaste plan de réhabilitation et de modernisation pour conjuguer cachet historique et équipements de pointe : dès 2022, le manège est construit et la peupleraie en friche est coupée et remplacée par des saules. L'année 2023 voit l'aménagement du rond de longe, du rond d'Havrincourt et de la carrière, ainsi que le début de la réhabilitation des logements annexes (poursuivie en 2024). En mars 2024, un marcheur sort de terre. Enfin, le rythme s'accélère en 2025 avec l'élargissement de l'entrée en mars, la réfection de la toiture et de la peinture du manoir en mai et juin, la création de nouveaux paddocks, et fin 2025, l'élargissement du pont intérieur pour sécuriser l'accès des services de secours. Une belle manière de faire vivre le passé tout en bâtissant l'avenir.
Création de la carrière
(Février 2023)
Élargissement de l'entrée (2026)
Réfection de la toiture et de la peinture extérieure du manoir (Juin 2026)
Grâce à son architecture de caractère, son atmosphère authentique et ses grands espaces préservés, le domaine des Écuries du Hennoy offre un décor naturel unique et inspirant. Le site a déjà eu le plaisir d'accueillir la réalisation de deux courts-métrages ainsi qu'un shooting photo. Que ce soit pour des projets audiovisuels, des séries, des publicités ou des séances photographiques, nos installations et nos extérieurs se prêtent parfaitement à la création d'images fortes et élégantes.
Tournage d'un cour-métrage pour un projet de fin d'études "The History of Dr. Hell"
(mai 2025)
Participation au calendriers des pompiers de St-Amand-Les-Eaux
(Été 2025)
Tournage d'un court-métrage pour le Village Canin
(Septembre 2025)
Les travaux de réfection des batiments ont été effectués par la société SAS Raux Cyril.